Pendant que les cuisines françaises rangent leurs casseroles du week-end de la Toussaint, c’est à l’autre bout du monde que se joue l’avenir du plus célèbre concours de cuisine de la planète. Ces 1er et 2 novembre, Macao accueille le Bocuse d’Or Asie-Pacifique, la sélection continentale qui désigne les équipes asiatiques qualifiées pour la grande finale de Lyon. Un événement doublement symbolique : c’est la première fois que la ville l’organise, et c’est surtout le grand retour de cette sélection après des années d’interruption.
Plan de l'article
Le retour d’une sélection suspendue depuis le Covid #
Le Bocuse d’Or, créé par Paul Bocuse en 1987, fonctionne comme une coupe du monde : des sélections nationales, puis continentales, puis une grande finale tous les deux ans à Lyon. Mais depuis la pandémie, la zone Asie-Pacifique faisait exception. Faute de pouvoir réunir les candidats, les équipes du continent étaient sélectionnées sur dossier, trois cycles durant.
Comme le détaille le communiqué officiel de l’organisation, l’édition 2026 marque donc le retour tant attendu d’une vraie confrontation en cuisine : huit candidats, représentant les nations de la zone Asie-Pacifique, s’affrontent en direct sur plusieurs épreuves, sous les yeux d’un jury. Les mieux classés rejoindront les pays déjà qualifiés pour la grande finale, programmée en janvier 2027 dans le cadre du Sirha, à Lyon.
Macao, hôte inédit et calculé #
Le choix de la ville n’a rien d’un hasard. Macao est classée Ville créative de l’UNESCO pour la gastronomie, une distinction qu’elle cultive soigneusement pour exister au-delà de ses casinos. Sa cuisine, née de quatre siècles de va-et-vient entre le Portugal et la Chine du Sud, est l’une des plus anciennes cuisines fusion du monde.
Interrogée par la presse, la directrice de l’Office du tourisme du gouvernement de Macao, Maria Helena de Senna Fernandes, ne cache pas l’enjeu : la gastronomie figure parmi les premières attractions de la ville, et accueillir une sélection continentale du Bocuse d’Or vient officialiser ce statut. Du côté de l’organisation, Jérôme Bocuse, président du concours et fils de son fondateur, s’est réjoui de voir l’épreuve renaître dans un tel décor, rapporte China Daily.
Comment fonctionne la course à la finale #
La sélection de Macao est la quatrième et dernière étape continentale du cycle en cours. L’Europe, les Amériques et l’Afrique ont déjà désigné leurs représentants au fil de l’année 2026. Chaque continent dispose d’un quota de places : les candidats y gagnent leur billet pour la finale mondiale, où une vingtaine de nations s’affrontent sur deux jours d’épreuves.
Un concours d’orfèvres
Au Bocuse d’Or, chaque équipe se compose d’un chef candidat et d’un commis, enfermés dans un box vitré face au public, avec un temps limité pour produire des pièces d’une précision chirurgicale. Les thèmes imposés changent à chaque édition, mais l’esprit reste le même depuis 1987 : technique française, produits du terroir de l’organisateur et mise en scène spectaculaire. Les délégations arrivent avec des supporters, des drapeaux et des trompettes, ambiance stade de foot dans un salon professionnel.
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Pourquoi ça compte, vu de France #
Pour Lyon et pour la gastronomie française, le retour de la sélection Asie-Pacifique est une excellente nouvelle. D’abord parce qu’elle regarnit la grande finale de janvier 2027 en candidats aguerris plutôt que sélectionnés sur dossier. Ensuite parce que la zone est devenue l’une des plus créatives du concours : le Japon et Singapour y jouent régulièrement les premiers rôles, et la Chine investit massivement dans la formation de ses brigades de concours.
Enfin, parce que le Bocuse d’Or reste une vitrine sans équivalent pour les produits et le savoir-faire hexagonaux. Chaque sélection continentale diffuse la grammaire de la cuisine française, le fond de sauce, le dressage, la découpe, auprès de nouvelles générations de cuisiniers. Qu’elle s’exerce désormais aussi depuis Macao, entre dim sum et pastéis de nata, n’enlève rien à l’affaire : les regards, eux, restent tournés vers Lyon.




