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MOF cuisine 2026 : treize nouveaux titrés, dont deux femmes pour la première fois

Il y a quelques jours, je vous parlais ici des nouveaux Meilleurs Ouvriers de France en pâtisserie. La classe cuisine a désormais elle aussi ses nouveaux titrés, et la promotion 2026 sort de l’ordinaire : treize lauréats, soit nettement plus que lors des sessions précédentes, et pour la première fois deux femmes distinguées la même année. De quoi donner envie de regarder de plus près qui se cache derrière le fameux col bleu-blanc-rouge.

Trois jours d’épreuves à Lille #

La finale s’est déroulée les 6, 7 et 8 octobre au Lycée hôtelier international de Lille. Quarante-deux finalistes avaient été convoqués par le COET-MOF, le comité qui organise le concours « Un des Meilleurs Ouvriers de France ». La classe cuisine était placée sous la présidence d’Alain Ducasse, qui en assure la présidence depuis 2006, comme le rappelle Au cœur du CHR.

Pour mesurer ce que représente ce titre, il faut garder en tête qu’un candidat prépare souvent ce concours pendant des années, en plus de son travail en cuisine. Les sélections s’étalent sur plusieurs mois avant la finale, et le titre, une fois obtenu, est porté à vie. On comprend l’émotion qui entoure chaque proclamation.

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Treize nouveaux MOF, un record récent #

Selon le magazine Le Chef, qui a publié la liste complète le 8 octobre, cette session couronne treize chefs, contre 8 en 2022, 7 en 2018 et 8 en 2014. Autrement dit, la promotion 2026 est presque deux fois plus fournie que celles des dix dernières années.

Voici les nouveaux titrés, avec la maison où ils officient lorsqu’elle est précisée : Noël Bérard (La Bastide, à l’hôtel Capelongue), David Charrier (Les Belles Perdrix, à Troplong-Mondot), Alexis Decoret (Maison Decoret), Matthieu Derible (Art), Marie Gricourt (Gric), Rudy Langlais, Paul Marcon (Maisons Marcon), Margaux Moisière (L’O des Vignes), Ludovic Nardozza (Asterales), Loïc Renand, Yoshitaka Takayanagi (Granite), Kévin Vaubourg (Chalet du Sire) et Samuel Victori (Les Agitateurs).

Plusieurs noms parleront aux amateurs de bonnes tables. Paul Marcon, par exemple, appartient à la famille qui tient la maison triplement étoilée de Saint-Bonnet-le-Froid. Yoshitaka Takayanagi rappelle, lui, que ce concours très français est aussi ouvert à des chefs venus d’ailleurs qui ont fait carrière dans l’Hexagone.

Marie Gricourt et Margaux Moisière, deux femmes au sommet #

C’est sans doute l’aspect le plus marquant de cette édition. Jusqu’ici, seules deux femmes avaient obtenu le titre en cuisine : Andrée Rosier (classe 2007) et Virginie Basselot (classe 2015). Cette année, elles sont deux d’un coup, ce qui porte à quatre le nombre de femmes MOF dans cette discipline.

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Marie Gricourt, d’Orléans à l’Élysée et retour

Marie Gricourt est cheffe et propriétaire de Gric, à Orléans, qu’elle a ouvert en 2017. Son parcours, détaillé par Au cœur du CHR, passe par de grandes maisons parisiennes : le Bristol auprès d’Éric Fréchon et le Pré Catelan auprès de Frédéric Anton. Meilleure apprentie de France en 2013, elle a aussi été la première femme à intégrer les cuisines de l’Élysée, aux côtés de Guillaume Gomez. En 2026, Gault & Millau l’avait déjà distinguée comme Grand de demain pour la région Centre-Val de Loire.

Margaux Moisière, dans les vignes du Mâconnais

Margaux Moisière dirige les cuisines de L’O des Vignes, à Fuissé, en Saône-et-Loire. Elle y a pris la suite de son mentor Sébastien Chambru, lui-même Meilleur Ouvrier de France. Un joli passage de relais, qui montre aussi comment ce titre se transmet souvent de maître à élève.

Interrogé sur cette double distinction, Alain Ducasse a souligné que les sélections « sont totalement anonymes dès le départ », tout en reconnaissant : « Nous avons distingué deux femmes au cours des vingt dernières années. » Une façon de rappeler que le jury juge des assiettes, pas des profils, et que le vivier de candidates reste encore réduit.

Et les autres métiers de la salle ? #

La soirée lilloise ne concernait pas que les cuisiniers. D’autres classes de l’univers de la restauration ont livré leurs résultats : un nouveau MOF barman (Lucas Gacitua-Petit), deux maîtres d’hôtel (Pauline Gachet et Anthony Tirone) et deux sommeliers (Emmanuel Cadieu et Edmond Gasser). J’aime bien que ces métiers de salle soient mis en lumière en même temps : un grand repas, c’est aussi un accueil, un service et un accord mets-vins réussis.

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Ce que j’en retiens pour ma cuisine de tous les jours #

On pourrait croire que ce genre de concours est très éloigné de nos fourneaux du quotidien. Pourtant, ce qui revient dans le parcours de ces chefs, c’est la rigueur sur les bases : les cuissons, les sauces, les découpes, la régularité. Ce sont exactement les gestes que je travaille ici dans mes recettes, du bœuf bourguignon au rosbif.

Si vous passez près de l’une de ces maisons dans les prochains mois, c’est l’occasion de pousser la porte. Beaucoup proposent une formule déjeuner plus accessible que le menu du soir, et goûter la cuisine d’un MOF fraîchement titré reste une expérience à part. De mon côté, Orléans et le Mâconnais viennent de rejoindre ma liste d’escapades gourmandes.

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