Le pois chiche du Sud-Ouest a désormais une marque : la coopérative Qualisol lance POG, le Pois Chiche d’Occitanie // Gascogne, pour relancer une production régionale fragilisée et proposer aux cuisines une légumineuse tracée du champ au sac.
- Qualisol, coopérative de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), crée la marque filière POG.
- Le tri se fait à Monfort, dans le Gers ; plus de 3 000 tonnes y ont été triées en 2024-2025.
- Objectif affiché : 5 000 tonnes à l’horizon 2030.
- Deux types au programme : le Kabuli, clair et rond, et le Desi, petit pois chiche noir.
Plan de l'article
- Que lance exactement la coopérative Qualisol ?
- Pourquoi le pois chiche d’Occitanie a-t-il besoin d’un coup de pouce ?
- Une récolte 2026 moyenne, après un été difficile
- Kabuli ou Desi : quels pois chiches arriveront en cuisine ?
- Où trouver ces pois chiches du Sud-Ouest ?
- Cuisiner le pois chiche sec : les gestes qui changent tout
- Des idées pour un pois chiche local cet hiver
- Questions fréquentes
Que lance exactement la coopérative Qualisol ? #
L’annonce a été relayée le 31 octobre par Actu.fr, après une présentation au salon Natexpo, le rendez-vous des professionnels du bio. Qualisol, spécialisée dans les graines et légumineuses biologiques du Gers et du Tarn-et-Garonne, y a dévoilé POG sous sa marque Graines & Légumineuses de France.
À lire Meilleure fondue des Alpes : la recette de l’Outa à La Clusaz sacrée à Megève
Il ne s’agit pas d’un label officiel. La coopérative parle d’une « marque filière territoriale » : une identité commune pour les producteurs, les transformateurs et les partenaires qui s’engagent sur l’origine et la traçabilité, selon le communiqué publié par Occitanie Tribune.
Pourquoi le pois chiche d’Occitanie a-t-il besoin d’un coup de pouce ? #
L’Occitanie est la première région productrice de pois chiches en France. Mais la coopérative décrit une filière en recul : baisse des surfaces, concurrence des importations et aléas climatiques. Autrement dit, une bonne part des pois chiches que l’on cuisine en France vient encore d’ailleurs.
En face, la demande de pois chiches d’origine française progresse, portée par les industriels, les distributeurs et les consommateurs qui veulent savoir d’où vient ce qu’ils mangent. Thierry Gaborieau, responsable de l’activité légumineuses de Qualisol, résume l’ambition : « fédérer producteurs, transformateurs et partenaires autour d’une offre française fiable, compétitive et durable ».
Selon Agrodistribution, l’idée est aussi d’associer les coopératives voisines pour « enrayer la décollecte de pois chiche », c’est-à-dire la baisse des volumes rentrés par les agriculteurs.
À lire Meilleure choucroute de France 2026 : le charcutier d’Enghien Aurélien Dieppe sacré
Une récolte 2026 moyenne, après un été difficile #
La chaleur de l’été a pesé. D’après la coopérative, la récolte 2026 devrait tourner autour de 3 000 tonnes, un niveau qu’elle qualifie de « moyen ». Les rendements ont souffert des fortes chaleurs et du manque d’eau : environ 10 quintaux bruts par hectare en bio et 15 en conventionnel.
Malgré cela, la filière vise 5 000 tonnes en 2030. Pour y parvenir, elle compte sur le collectif régional de producteurs, sur l’amélioration des pratiques culturales et sur la contractualisation, qui sécurise les volumes pour les agriculteurs comme pour les acheteurs.
Kabuli ou Desi : quels pois chiches arriveront en cuisine ? #
Qualisol travaille deux familles. Le Kabuli est le pois chiche méditerranéen que tout le monde connaît : gros, clair, à la peau fine. C’est lui qui fait les houmous, les couscous et les salades composées.
La coopérative se présente surtout comme pionnière du Desi en France, un pois chiche plus petit, à la peau sombre, encore peu cultivé en Europe. Il est très utilisé dans les cuisines indiennes, entier ou concassé. Sa peau plus épaisse lui donne une tenue plus ferme à la cuisson et un goût plus marqué, à essayer dans un curry, un ragoût d’hiver ou une salade tiède.
Les deux sont commercialisés en sec, uniquement, et triés à Monfort avec une qualité de tri annoncée à 99,9 %. Pour le cuisinier, cela veut dire moins de petits cailloux et de grains abîmés à retirer avant le trempage.
Où trouver ces pois chiches du Sud-Ouest ? #
Pas encore dans un sachet POG au rayon du supermarché. La marque vise d’abord les professionnels : distributeurs, grossistes, industriels de l’agroalimentaire et transformateurs. Les pois chiches partent en big-bags pour les gros volumes, ou en sacs de 5 et 25 kg pour les transformateurs et la distribution spécialisée.
Pour un particulier, ce sont donc les magasins bio, les épiceries de vrac et les rayons « origine France » qui ont le plus de chances de les proposer, sous leur propre marque ou celle d’un transformateur. Le bon réflexe reste de lire l’origine sur l’étiquette ou de la demander au vendeur en vrac.
Cuisiner le pois chiche sec : les gestes qui changent tout #
Un pois chiche sec demande un peu d’anticipation, mais il donne un résultat bien plus savoureux que la conserve. Le trempage d’une nuit dans un grand volume d’eau froide reste la base : les graines gonflent, cuisent plus régulièrement et se digèrent mieux.
On jette ensuite l’eau de trempage, on rince, puis on cuit à petit frémissement dans une eau non salée, en ajoutant le sel en fin de cuisson pour éviter que la peau ne durcisse. Le Desi, plus dense, demande en général un peu plus de temps que le Kabuli : goûtez plutôt que de suivre un minuteur.
Gardez une partie de l’eau de cuisson. Elle épaissit les soupes, lie un ragoût et sert de base à l’aquafaba, ce liquide qui monte presque comme un blanc d’œuf pour des mousses végétales.
Des idées pour un pois chiche local cet hiver #
Dans le Sud-Ouest, le pois chiche se marie très bien avec les produits de saison et de la région. Un ragoût de pois chiches à la saucisse de Toulouse, un velouté pois chiche et potimarron, ou une salade tiède avec du chou kale rôti et un filet d’huile de noix font des plats complets de novembre.
Le Desi, avec sa peau sombre, apporte du contraste dans l’assiette : servi avec des légumes racines rôtis et une sauce yaourt-cumin, il change franchement des recettes habituelles. Et un houmous fait maison avec un pois chiche gascon, c’est aussi une façon simple de soutenir une filière qui cherche à se reconstruire à quelques dizaines de kilomètres de chez nous.
À lire SIAL 2026 : friture à l’eau, chips de crêpe et gnocchis, le palmarès des innovations
Questions fréquentes #
POG est-il un label de qualité officiel ?
Non. Qualisol présente POG comme une marque filière territoriale, pas comme un label. Elle repose sur un manifeste interne : traçabilité, choix des semences, tri à Monfort et contractualisation avec les producteurs.
Les pois chiches POG sont-ils tous bio ?
Non. La coopérative cite des rendements en agriculture biologique et en production conventionnelle : les deux modes de culture coexistent dans la filière.
Peut-on acheter des pois chiches POG en ligne ?
La coopérative ne vend pas en direct aux particuliers dans cette annonce : les pois chiches sont destinés aux distributeurs, grossistes et transformateurs, qui les revendent ensuite sous leurs propres marques.




