Ce n’est pas en Alsace mais dans le Val-d’Oise que se prépare, cette année, la meilleure choucroute de France. Le 19 octobre 2026, Aurélien Dieppe, charcutier-traiteur à Enghien-les-Bains, a remporté le Championnat de France de la meilleure choucroute, organisé à Paris par le syndicat des charcutiers du Grand Paris. Une belle récompense pour un artisan qui a repris sa boutique il y a cinq ans à peine, et une bonne occasion de remettre ce plat d’automne à l’honneur dans nos cuisines.
Plan de l'article
Un concours au pied de la butte Montmartre #
Le championnat s’est tenu le lundi 19 octobre au restaurant À la Bonne Franquette, rue Saint-Rustique, au cœur de Montmartre. Selon la page officielle de l’événement publiée par la Confédération nationale des charcutiers-traiteurs, les inscriptions étaient ouvertes du 7 septembre au 9 octobre, et la remise des prix a eu lieu le jour même, suivie d’un dîner ouvert au public.
D’après La Clé publique, le jury s’est attaché à la qualité de la choucroute elle-même et à la variété des préparations. Les candidats ont joué sur plusieurs leviers : un chou plutôt doux ou plutôt croquant, et des matières de cuisson différentes, du vin blanc au saindoux en passant par la graisse de canard, avec ou sans lardons.
Le podium 2026
Derrière Aurélien Dieppe, la deuxième place revient à Francis Fauvel, charcutier à Boulogne-Billancourt. La troisième marche du podium est occupée par Alban Gosselin, de la maison Collot Traiteur à Vernon, dans l’Eure. Un palmarès entièrement francilien et normand, qui rappelle que la choucroute s’est installée depuis longtemps bien au-delà de sa région d’origine.
Aurélien Dieppe, un cuisinier devenu charcutier #
Le parcours du lauréat sort un peu des sentiers battus. Ancien cuisinier, Aurélien Dieppe a d’abord travaillé chez un charcutier-traiteur d’une commune voisine avant de reprendre, en 2021, la charcuterie de la place de Verdun à Enghien-les-Bains.
La boutique avait déjà une spécialité qui faisait sa réputation : une choucroute au champagne, ainsi que des boudins noirs et blancs. Plutôt que de tout changer, le nouveau patron a gardé ces recettes et y a ajouté ses propres produits, comme des pâtés et des plats du jour. C’est souvent ainsi que se transmettent les savoir-faire en charcuterie : on reprend une maison avec ses classiques, puis on y imprime sa marque.
Le champagne, une variante qui ne date pas d’hier
La choucroute au champagne n’est pas une fantaisie de concours. Remplacer tout ou partie du vin blanc d’Alsace par un vin effervescent est une variante ancienne, appréciée pour la légère acidité et la finesse qu’elle apporte au chou. Elle se prépare exactement comme une choucroute classique : seul le liquide de cuisson change. L’article ne précise pas quelle version a été présentée au jury, mais c’est bien cette recette qui fait la renommée de la maison.
Réussir sa choucroute à la maison #
Le concours tombe à pic : c’est en automne que le chou à choucroute nouvelle arrive chez les charcutiers et sur les marchés. Pour en tirer le meilleur, quelques gestes font la différence, et ce sont précisément ceux que les jurés observent.
D’abord, le rinçage. Une choucroute crue trop acide gagne à être rincée à l’eau froide puis bien essorée à la main. Une choucroute nouvelle, plus douce, peut au contraire se passer de rinçage. Goûtez avant de décider.
Ensuite, la matière grasse. Le saindoux et la graisse d’oie ou de canard sont les plus traditionnels. Faites-y fondre un oignon émincé sans le colorer, puis ajoutez le chou, quelques baies de genièvre, un peu de laurier et, selon les goûts, des clous de girofle ou du cumin.
Le liquide et le temps de cuisson
Mouillez à hauteur avec un vin blanc sec, un riesling ou un sylvaner pour rester dans la tradition, ou avec un effervescent pour la version au champagne. Couvrez et laissez cuire doucement, longtemps, en surveillant que le chou ne s’assèche pas. C’est la cuisson lente qui donne cette texture fondante tout en gardant un peu de mâche, le fameux équilibre entre doux et croquant évoqué par le jury.
À lire SIAL 2026 : friture à l’eau, chips de crêpe et gnocchis, le palmarès des innovations
Les viandes s’ajoutent en fonction de leur temps de cuisson : d’abord les pièces fumées et salées comme le lard ou la palette, plus tard les saucisses, qui n’ont besoin que d’être réchauffées. Les pommes de terre cuisent à part, à la vapeur ou à l’eau, pour ne pas troubler le chou.
Le bon réflexe : passer chez son charcutier #
La victoire d’un artisan d’Enghien rappelle une chose simple : une bonne choucroute commence par un bon chou et de bonnes charcuteries. Les charcutiers-traiteurs proposent en cette saison des choucroutes prêtes à réchauffer, mais aussi du chou cru et des assortiments de viandes pour la préparer soi-même. Demandez conseil sur la provenance du chou et sur les saucisses de la maison : c’est souvent là que se joue la différence.
Et si vous passez par Enghien-les-Bains, la place de Verdun vaut désormais le détour. Pour les autres, le podium 2026 offre trois adresses de plus à garder en tête, de Boulogne-Billancourt à Vernon, pour une choucroute d’automne qui sort du lot.




